Walt Kowalski,vieil homme raciste et colérique,ancien vétéran de la
guerre de Corée, vit dans un quartier imbibé par des asiatiques
immigrés. Après un bref incident, Kowalski va rencontrer puis se
prendre d'affection pour l'un d'entre eux, un jeune homme innocent. Il
va découvrir qu'il a peut-être beaucoup plus
d'affinités avec ces étrangers qu'avec sa propre famille, mais va aussi
déclarer la guerre à tout un gang de malfrats de la ville et déterrer
les démons de son passé.
Après tant d'années ,on aurait pu croire que
Clint
Eastwood s'effacerait, régresserait...pas du tout !Qui a dit ça?
Gran Torino dès les premiers instants nous rend dabord curieux.
Dès les
premieres scènes, on nous place ,là, dans une situation, qui ne nous
apparaît strictement clair qu'au fur et à mesure , et même le film
fini, on en apprend encore et toujours.
Dès le début ,on entre
directement dans une atmosphere assez funèbre,glaciale qui se répand et
suit le personnage de Kowalski(
Clint Eastwood), histoire de nous mettre dans le bain .
On découvre alors ,un personnage comme Clint Eastwood en a (trop?)
souvent fait.
Avant tout ,des plus mystérieux , on ne nous laisse que le
droit de deviner ces mimiques colériques,ces grognements étranges, sans
encore une fois que le personnage ne parle réelement de sa vie .
Un
personnage en puissance, qui semble au dessus de tout .
Et qui évolue. Au moment où Kowalski va réelement rencontrer le jeune
Thao(
Bee Vang), une "amitié" ,qu'il tente de rejeter mais sait grandissante,
apparaît dans son quotidien solitaire ,animé par sa chienne et ses
multiples coups d'oeils vers sa voiture fétiche : la
Gran Torino.
J'ai trouvé que malgré la retenue très interessante de cette amitié par
Clint Eastwood,que le changement de Kowalski apparaît trop brutalement
,trop sec au final .
Il garde un caractère un peu colérique mais passe
(ceci dit avec une bonne interprétation de C.Eastwood) de
l'homme,raciste et militariste ,au vieillard sage,épris d'un jeune
asiatique
.

J'ai malgré tout gardé un très bon souvenir de ce film qui attaque ,qui
surprend ,qui emu, fait sourire à la fois ,tout cela sur un ton très
calme, significatif de la solitude de Kowalski.
La scène qui m'a irrémédiablement le plus marqué est la VRAIE confession du personnage.
En effet ,
Clint Eastwood nous piège ,se moque de nous ,avec une
confession ridicule devant l'homme d'église,courte et sans intérêt
alors que l'on s'attendait à un moment douloureux.
Ce n'est que lorsqu'il enferme Thao dans son garage ,qu'il se confesse
vraiment et là, le réalisateur appuie sur notre erreur ,en montrant
Kowalski derriere la grille ,telle un confessionnal,confiant toutes les
horreurs de sa vie,les démons qui le poursuivent au jeune homme qui
supplie ,sans réelement comprendre.
Ce film marque par sa subtilité,son émotion , sa pudeur et par
l'interprétation encore noble et remarquable d'un Clint Eastwood bon en
tant qu'acteur et réalisateur ,n'hésitant pas à rallier ses deux
talents.La révélation de ce début 2009!
Avec la magnifique musique écrite par Kyle Eastwood ,intitulé Gran Torino,que l'on entend en générique de fin .
(un thème concocté spécialement pour le film, totalement dans l'esprit et émouvante.)